La France est en guerre contre l’Allemagne nazie depuis septembre 1939. À partir du mois de mai 1940, l’armée Française ne peut faire face aux divisions blindées allemandes qui ignorent la ligne Maginot et passent par les Ardennes (que le gouvernement pensaient infranchissables pour les blindés). De Gaulle, Colonel au début de la guerre, alertait depuis des années l’armée mais aussi les hommes politiques sur la nécessité de moderniser l’armée et plus particulièrement l’aviation et les chars blindés. Il n’aura pas été écouté.

Le Général Charles de Gaulle devant le micro de la BBC à Londres le 18 juin 1940
Le Général Charles de Gaulle devant le micro de la BBC à Londres le 18 juin 1940

Pendant le blitzkrieg (guerre éclaire) allemand, le colonel De Gaulle s’illustre à la tête de la 4eme Division cuirassée où il tiendra tête aux allemands à Abbeville. Il est nommé Général de brigade à titre temporaire et entre au gouvernement de Paul Reynaud (président du conseil) en tant que sous secrétaire d’État à la défense nationale et à la guerre le 5 juin 1940. Le gouvernement est déplacé à Bordeaux et le 14 juin les troupes allemandes défilent déjà dans Paris. Le 16 juin, De Gaulle est envoyé à Londres pour demander des renforts aériens et maritimes à Churchill. À son retour à Bordeaux, il apprend que Paul Reynaud à démissionné et va être remplacé par le maréchal Pétain qui s’apprête à négocier les conditions d’un armistice avec l’Allemagne.

Refusant la défaite, le général De Gaulle retourne à Londres dès le 17 juin. Le lendemain, grâce à l’appui de Churchill, De Gaulle obtiendra l’autorisation d’utiliser la station britannique de la BBC pour diffuser son appel à la résistance et dénoncer la trahison du gouvernement. Il réitérera son appel plusieurs fois lors des jours suivants.

Ne pas confondre l’Appel du 18 juin avec l’affiche « À tous les Français »

L’appel du 18 juin est souvent confondu avec l’affiche « À tous les Français ». Le texte de cette affiche n’a pas été prononcé par le général De Gaulle sur la BBC. Ces affiches ont été collées à Londres et dans les grandes villes anglaises à partir du mois d’août 1940.

Affiche "À tous les Français" à ne pas confondre avec l'appel du 18 juin !
Affiche « À tous les Français » à ne pas confondre avec l’appel du 18 juin !

Discours du général De Gaulle prononcé le 18 juin 1940 sur la BBC

« Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat. Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l’ennemi. Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui.

Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n’est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire. Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l’Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l’Angleterre, utiliser sans limites l’immense industrie des États-Unis.

Cette guerre n’est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n’empêchent pas qu’il y a, dans l’univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.

Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j’invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d’armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi. Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. Demain, comme aujourd’hui, je parlerai à la Radio de Londres.  »

Discours prononcé par De Gaulle le 18 juin 1940
Discours prononcé par De Gaulle le 18 juin 1940

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