Série Galerie des batailles (Château de Versailles) 1/33 : Bataille de Tolbiac.

La bataille de Tolbiac, victoire de Clovis (466-511)
La bataille de Tolbiac, victoire de Clovis (466-511) sur les Alamans (496). Peinture de Ary Scheffer exposée dans la galerie des batailles du château de Versailles

Premier article de la série « galerie des batailles » où je décris les évènements associés aux tableaux rassemblés dans la galerie des batailles du château de Versailles. 33 tableaux retraçant les grandes batailles de l’histoire de France ont été peints et regroupés à l’initiative du Roi Louis-Philippe Ier qui avait décidé de faire du château de Versailles un musée. Ces fresques épiques couvrent 13 siècles d’Histoire Française depuis l’installation des Francs aux batailles Napoléoniennes en passant par la guerre de cent ans et la bataille de Poitiers. Le premier tableau décrit la bataille de Tolbiac (496) qui voit la victoire de Clovis sur les Alamans.

Clovis Ier, Roi des Francs

Il n’existe que peu d’information sur cette bataille vous me pardonnerez donc le manque de précision. En 496, Clovis, Roi des Francs Saliens, vient en aide à Sigebert le Boiteux, Roi des Francs Rhénans, qui est envahi par les Alamans (une confédération de peuples germaniques) et est assiégé à Tolbiac (près de Cologne en Allemagne). L’armée de Sigebert à soit été défaite soit à quitté la zone avant l’arrivée de Clovis et ses hommes. Les Francs Saliens se retrouvent donc seuls à combattre un ennemi largement supérieur en nombre. La légende veut que voyant ses guerriers tomber les uns après les autres et la défaite se rapprocher, Clovis invoqua le Dieu chrétien de sa femme Clotilde (une princesse Burgonde) afin de lui demander de l’aide. Miracle ou coïncidence ? Le chef des Alamans tomba dans les moments suivants, fauché par une francisque et ses hommes désemparés furent massacrés.

Clovis à la bataille de Tolbiac
Clovis à la bataille de Tolbiac en 496. Fresque du Panthéon peinte par Paul-Joseph Blanc

Cette victoire permit aux Francs Rhénans d’occuper la partie supérieure du Rhin. Clovis ne récupéra aucun territoire mais reçu le concours de son allié lors de la future conquête du royaume Wisigoth. Cette victoire de Tolbiac causa également la conversion de Clovis et d’un grand nombre de ses hommes au catholicisme. Clovis fût baptisé par l’évêque Saint Rémi dans la cathédrale Notre-Dame de Reims. L’adoption de la religion catholique pratiquée en Gaule permit à Clovis et aux Francs de mieux se faire accepter par la population gallo-romaine qui occupait le territoire français d’alors mais aussi de bénéficier du soutien du clergé qui était très influent.

Déroute des Germains après la bataille de Tolbiac. Peinture d’Evariste-Vital Luminais exposée au musée d’art de Nantes.

Clovis prince chrétien

Sa nouvelle foi lui permis également de se poser en héraut du catholicisme et sous couvert de lutter contre l’hérésie de l’arianisme (alors majoritaire chez les peuples germaniques) lui permis de justifier ses conquêtes futures. Cette bataille bien que peu connue à donc une importance essentielle pour l’histoire de France puisqu’elle met définitivement en place la religion catholique qui sera la religion d’état pour les siècles à venir et qui contribuera à façonner la France.


Pour en savoir plus sur Clovis et le haut moyen âge :

– 481-888 la France avant la France, collection Histoire de France aux éditions Belin.

– Clovis Roi des Francs, collection « Ils ont fait la France »

– Histoire des Rois Francs, Grégoire de Tours


Bonus : Prière de Clovis lors de la bataille

Prière telle que rapportée par Saint Grégoire de Tours :

« Ô Jésus-Christ, que Clotilde affirme Fils du Dieu Vivant, toi qui donnes du secours à ceux qui sont en danger, et accordes la victoire à ceux qui espèrent en toi, je sollicite avec dévotion la gloire de ton assistance : si tu m’accordes la victoire sur ces ennemis, et si j’expérimente la vertu miraculeuse que le peuple voué à ton nom déclare avoir prouvé qu’elle venait de toi, je croirai en toi, et me ferai baptiser en ton nom.

J’ai en effet invoqué mes dieux, et, comme j’en fais l’expérience, ils se sont abstenus de m’aider ; ce qui me fait croire qu’ils ne sont doués d’aucune puissance ; eux qui ne viennent pas au secours de ceux qui les servent. C’est toi que j’invoque maintenant, je désire croire en toi ; pourvu que je sois arraché à mes adversaires  »

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