La bataille de France

En mai 1940, les troupes allemandes ont écrasé la Belgique, les Pays-Bas, puis profitant d’un passage dans les Ardennes lancent la percée de Sedan le 10 mai. Cette zone est peu défendue car jugée infranchissable par les généraux français.

L’armée Française, pourtant réputée comme étant la meilleure armée du monde à l’époque est prise au dépourvu et brisée.

Le piège de Dunkerque

Le 20 mai, les troupes Françaises sont coupées en deux et 150 000 hommes ainsi que 250 000 anglais se retrouvent pris au piège à Dunkerque suite à une manœuvre d’encerclement de la Wehrmacht qui dispose de 800 000 soldats.

Les alliés sont confinés dans une poche de 11km de large et subissent un feu constant de la part de l’ennemi. Le 24 mai, les alliés semblent être à la merci des nazis quand les troupes et blindés allemands stoppent leur progression sur ordre du général von Rundstedt (ordre qui sera par la suite confirmé par Hitler). Heinz Guderian le commandant de la première Panzer division s’arrête à 17 km de Dunkerque.

Il existe plusieurs théories pour expliquer cet arrêt de l’avancée allemande. L’une d’entre elle est que von Rundstedt ait voulu repositionner ses troupes par peur d’une contre attaque de flanc et que cet ordre fut confirmé par Hitler contre l’avis de son État Major. Une autre théorie est qu’Hitler voulait éviter une humiliation à l’Angleterre dans le but de négocier un accord de paix rapide. Cette théorie n’est que peu plausible car Hitler avait donné l’ordre le 24 mai d’anéantir les forces Françaises, Anglaises et Belges regroupées dans le nord de la France.

Quelle qu’en fut la raison, les Allemands restèrent immobiles pendant 3 jours ce qui donna aux alliés un répit inespéré. L’armée Française désormais dirigée par le général Weygand mise sur une contre offensive pour se dégager vers le sud et rompre l’étreinte allemande. Le général Gort, chef de la force expéditionnaire britannique, refuse et préfère se retirer vers les ports de la Manche pour évacuer ses troupes sans même prévenir ses alliés. Cette décision est confirmée le lendemain par le gouvernement britannique qui ne daigne toujours par en informer les Français ni les Belges.

La première armée Française, est prévenue au dernier moment du repli et seulement 5 de ses divisions purent se rendre à Dunkerque, 7 autres restèrent bloquées à Lille et, isolées, durent capituler le 1er juin. La résistance héroïque des 35 000 français à Lille face à 110 000 allemands et 800 chars d’assaut fit gagner un temps précieux aux alliés et contribua largement à la réussite de l’évacuation de Dunkerque.

Le général allemand Kurt Waeger accorde les honneurs militaires aux défenseurs Français de la poche de Lille.

Opération Dynamo

L’opération Dynamo a, elle, commencée le 26 mai et a évacué en premier les blessés et le personnel non combattant. Dès le 27 mai, la Luftwaffe (aviation allemande) commence à pilonner la ville et le port. Les bombardements sont incessants. Les soldats anglais se rapprochant du port de Dunkerque pour embarquer, ils laissent peu à peu l’armée Française seule face aux troupes allemandes.

Ces soldats combattirent avec courage et sans relâche jusqu’à l’épuisement de leurs munitions pour retarder l’assaut final sur Dunkerque.

Les troupes anglaises abandonnent précipitamment l’aile droite de l’armée belge, le Roi belge Léopold III, capitule, dépité, le 28 mai. Cette décision est fortement contestée à la fois par la France mais ne fait pas non plus l’unanimité en Angleterre car disposant de 600 000 soldats, les anglais aurait pu poursuivre le combat sur le continent. Tout ceci est vécu par les Français comme par les Belges comme un véritable abandon.

Milliers de soldats britanniques attendant de pouvoir embarquer pour traverser la Manche

Disposant de trop peu de navires de guerre pour évacuer toutes leurs troupes, tous les bateaux capables de traverser la Manche furent réquisitionnés pour participer à l’évacuation. Ce sont donc plus de 800 navires britannique qui participèrent à l’opération. La Marine Française mobilisa elle 350 bateaux. La plupart des évacuations se firent de nuit pour éviter que les navires ne soient détruits par la Luftwaffe. Il y eu néanmoins beaucoup de pertes à la fois à cause de l’aviation ennemie mais aussi de l’artillerie placée sur la côte ainsi que des mines qui bloquaient le passage des bateaux en plusieurs points.

Petites embarcations ramenant les soldats depuis la plage
Petites embarcations ramenant les soldats depuis la plage sur les navires de haute mer

Pour éviter une réduction finale de la poche de Dunkerque, 30 000 soldats Français opposent une résistance farouche à l’avancée de l’armée allemande au prix de lourdes pertes. Ils cèdent finalement devant l’écrasante supériorité numérique nazie le 3 juin.

Un succès inespéré

Au début de l’opération, les britanniques pensaient pouvoir rapatrier 45 000 hommes. Finalement, 338 000 hommes purent rejoindre Douvres (48 000 hommes transportés par la Marine Française), la totalité du corps expéditionnaire britannique et une partie de l’armée Française ainsi que quelques soldats Belges. Les alliés ont perdu presque 50 000 soldats lors de cette bataille et environ 30 000 soldats Français qui n’avaient pas pu embarquer furent fait prisonnier quand les nazis prirent finalement la ville.

Navire britannique rapatriant les soldats en Angleterre pendant la bataille de Dunkerque
Navire britannique rapatriant les soldats en Angleterre pendant la bataille de Dunkerque

Les soldats Français ayant pu traverser la Manche seront redéployés dans l’Ouest de la France (Bretagne et Normandie) afin de poursuivre le combat face à l’avancée des nazis.

Hommage à la résistance héroïque des soldats Français

Winston Churchill, qui avait laissé les Français à leur triste sort lors de la bataille de Dunkerque écrira plus tard dans ses mémoires : « la résistance héroïque de l’armée Française a sauvé l’armée britannique permettant à l’Angleterre de poursuivre la guerre ».

Le plus bel hommage vient néanmoins d’un Allemand, le général von Küchler commandant la XVIIIe armée de la Wehrmacht, qui écrit dans son journal de guerre : « Malgré notre écrasante supériorité numérique et matérielle, les troupes françaises contre-attaquent en plusieurs endroits. Je ne parviens pas à comprendre comment d’aussi si valeureux soldats, luttant en divers endroits à un contre dix (parfois même un contre trente), parviennent à trouver encore suffisamment de force pour passer à l’assaut : c’est tout simplement stupéfiant !

Je retrouve chez les soldats français de Dunkerque la même fougue que celle des poilus de Verdun en 1916.

Depuis plusieurs jours des centaines de bombardiers et de canons pilonnent les défenses françaises. Or, c’est toujours la même chose, notre infanterie et nos chars ne peuvent percer, malgré quelques succès locaux éphémères.

Le commandement français a très habilement installé sa troupe et son artillerie. Je crains que Dunkerque soit un échec pour nous : la quasi-totalité du corps expéditionnaire britannique et la plus grande partie de la 1re armée française vont nous échapper, car quelques milliers de braves nous barrent l’accès à la mer. C’est consternant, mais c’est ainsi. »

les plages lors de la bataille de Dunkerque
Le carnage sur les plages lors de la bataille de Dunkerque. Sous le feu constant et la supériorité numérique des allemands, les français opposent un courage héroïque.

Pour en savoir plus sur la bataille de Dunkerque et la seconde guerre mondiale :

– La bataille de Dunkerque : 26 mai au 4 juin 1940, comment l’armée Française a sauvé l’Angleterre. Dominique Lormier (2011).

– La bataille de France jour après jour. Dominique Lormier (2010).

– Infographie de la seconde guerre mondiale. Jean Lopez (2018)

À éviter par contre le film de Nolan sur la bataille de Dunkerque qui est un film de propagande lamentable. Les soldats Français y sont à peine présent, alors qu’on l’a vu, ce sont eux qui se sont sacrifiés lors de cette bataille.

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