Série galerie des batailles (Château de Versailles) 20/33 : bataille de la Marsaille (4 octobre 1693)

Bataille de la Marsaille le 4 octobre 1693. Peinture d’Eugène Devéria exposée dans la galerie des batailles du château de Versailles.

La France seule face à la ligue d’Augsbourg

La bataille de la Marsaille à lieu dans le piémont et oppose l’armée du royaume de France à celles d’Espagne et du duché de Savoie. C’est un des affrontements les plus important de la guerre de la Ligue d’Augsbourg qui voit s’opposer de 1688 à 1697 la France épaulée par les Jacobites anglais (Partisans du roi catholique Jacques II) à une coalition européenne formée par l’Angleterre, les Provinces Unies, le Saint Empire, la Savoie, l’Espagne, la Suède, le Portugal et l’Écosse.

Portrait du roi d’Angleterre Jacques II Stuart.

Lorsque la guerre commence, les premiers affrontement ont lieu dans le nord de la France à la frontière de la France et du Saint-Empire et dans les Pays-Bas espagnols où Louis XIV veut consolider ses récentes acquisitions territoriales (Strasbourg, duché de Montbéliard). Cependant, au fur et à mesure que de nouveaux signataires rejoignent la ligue d’Augsbourg, la France se retrouve esseulée et doit se battre sur plusieurs front.

D’une part Louis XIV affronte Guillaume III d’Orange Nassau (qui en plus des Provinces Unies contrôle désormais l’Angleterre dont il s’est rendu maître aux dépends de Jacques II) et les Habsbourg dans les pays espagnols et d’autre part il doit faire face aux armées de Victor-Amédée de Savoie (duc de Savoie et prince du Piémont). Les armée françaises sont donc réparties sur toute la frontière Est du royaume et en plus de cela Louis XIV met une armée au service de Jacques II pour qu’il puisse débarquer en Angleterre et récupérer son trône usurpé par Guillaume d’Orange.

L’armée Française entre en Italie

Si les choses tournent bien dans les Pays-Bas espagnols (prise de Namur) le débarquement outre manche est un échec pour Jacques II qui revient piteusement se réfugier à Versailles.

Portrait du maréchal Nicolas de Catinat de la Fauconnerie. Peinture de Robert Tournière.

Au sud, les armées françaises qui entrent en Italie sont commandées par le maréchal Nicolas Catinat de la Fauconnerie. Son avancée vers Rivoli, après avoir reçu le renfort de troupes de la gendarmerie force le duc de Savoie à abandonner le siège de Pignerol (Piémont) et à se replier.

Profitant de la situation, le maréchal de Catinat passe à l’assaut. N’écoutant pas ses conseillers qui lui avisent de ne pas accepter le combat et de fuir pour se réfugier à Turin, le duc de Savoie décide d’accepter le combat pour essayer de se venger des précédentes défaites humiliantes infligées par Louis XIV (la bataille de Staffarde en 1690 notamment où le duc de Savoie perdit près de 7000 hommes).

La bataille de Marsaille : victoire éclatante de l’armée Française

L’attaque est frontale, l’infanterie et la cavalerie française chargent de manière synchronisée. L’infanterie charge à la baïonnette et enfonce littéralement les troupes hispano-savoyardes. La cavalerie positionnée sur l’aile droite française déborde l’aile gauche des coalisés qui est culbutée et provoque la débandade de l’armée ennemie.

Les hispano-savoyards sont laminés et perdent 8000 hommes auxquels il faut ajouter 2000 prisonniers, leurs canons ainsi que 32 drapeaux. Les troupes du maréchal de Catinat ne déplorent quant à elles que la perte de 1800 hommes.

Gravure représentant la disposition des forces avant la bataille. L’armée Française se situe à gauche.

Le maréchal ne peut cependant pas profiter pleinement de sa victoire, car faute de matériel et d’argent suffisant, il ne peut aller assiéger Turin.

La guerre fera rage encore pendant quatre longues année avant d’arriver à son terme avec la signature du traité de Ryswick signé le 21 septembre 1697.

Carte de l’Europe après le traité de Ryswick

Bien que victorieux militairement, Louis XIV rétrocède (au grand dam de nombreux militaires dont Vauban) la plupart de ses conquêtes territoriales et la France ne s’agrandit finalement que de Strasbourg, de la basse Alsace, de la Décapole (alliance de dix villes libres situées en Alsace) et de la partie ouest de Saint-Domingue (Haïti, qui permettra de développer le commerce maritime de la façade ouest de la France). Les efforts militaires français sont donc vain, et la France rétrocède la Catalogne et Barcelone mais aussi le duché de Lorraine et le duché de Bar. Par ailleurs, le roi Soleil reconnaît également Guillaume d’Orange comme roi d’Angleterre sous le nom de Guillaume III.

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