Marie-Joseph-Charles-Philippe Kieffer naît à Haïti le 24 octobre 1899. Son père alsacien, patriote français, avait fuit l’annexion de l’Alsace et la Lorraine par les prussien en 1871 et s’était installé sur l’île des caraïbes où il épousa une anglaise avec qui il eut quatre enfants.

Philippe Kieffer
Portrait de Philippe Kieffer

Philippe Kieffer vient faire ses études de lycées à Jersey (île anglo-normande) avant de poursuivre ses études de commerce à Chicago aux États-Unis. D’abord banquier à Haïti, il déménage en France en mars 1939 pour rejoindre sa famille.

Kieffer s’engage dès que la guerre éclate puis rejoint les forces françaises libres

Lorsque la guerre éclate, malgré son âge, il s’engage immédiatement comme volontaire tout d’abord comme sous-lieutenant interprète militaire dans l’armée de terre, il rejoint ensuite la Marine Nationale en septembre 1939 comme quartier-maître secrétaire auprès de l’amiral Nord.

Philippe Kieffer
Philippe Kieffer pendant la seconde guerre mondiale

La campagne de France de mai-juin 1940 ayant mené à l’armistice signé par le Maréchal Pétain avec l’Allemagne, Philippe Kieffer répond à l’appel du général de Gaulle et rejoint l’Angleterre le 19 juin 1940.

Il rejoint le 1er juillet les Forces navales françaises libres en tant qu’officier de réserve interprète et du chiffre (ORIC).

Création des commandos anglais

Au début de l’année 1940, les anglais ayant fuit devant les allemands à Dunkerque et ayant rembarqué leurs troupes outre manche, Churchill fait le constat qu’il est nécessaire pour l’armée d’avoir à sa disposition des unités légères et mobiles capables de mener des actions coup de poing, de renseignement ou de destruction derrière les lignes ennemies. Opérations d’autant plus délicates qu’une fois l’Europe sous contrôle des nazis, la façade maritime de l’Europe occidentale sera protégée, des cotes françaises à la Norvège, par le mur de l’atlantique.

Il décide donc la création d’un force d’assaut de 20 000 hommes qui prendront le nom de commando en référence aux combattants boers qui s’organisaient en « kommandos » lors de la seconde guerre des boers (guerre à laquelle Churchill à participé en tant que correspondant de guerre pour le Morning Post et qui verra la création par les britanniques des premiers camps de concentration…).

1er Bataillon Fusiliers Marins Commando

Impressionné par les méthodes des commandos anglais (notamment lors du raid sur les îles Lofoten le 4 mars 1941), Kieffer prend la tête d’une compagnie d’instruction de 25 marin français qu’il forme au seins d’unités britanniques. Ils effectuent un premier stage avec les Royal Marines où il se font remarquer par leur zèle et leur volonté sans faille.

Les britanniques forment des unités constituées de Français, Polonais, Belges Néerlandais, Norvégiens qui seront capables d’opérer dans leur pays d’origine plus facilement car connaissant le pays et la langue. Ces « Troops » forment le Commando interalliés numéro 10.

Les français sont regroupés dans les Troops 1, Troops 8 et la Troop d’appui (K-Guns qui sont des mitrailleuses) qui forment à partir de l’automne 1943 le 1er Bataillon Fusiliers Marins Commando (1er BFCM).

Insigne du 1er Bataillon Fusiliers Marins Commando
Insigne du 1er Bataillon Fusiliers Marins Commando

Ils sont formés avec les commandos britanniques au château d’Achnacarry en Ecosse dans les conditions particulièrement rudes et difficiles caractéristiques des Highlands. Les hommes de Kieffer qui sont parmi les premiers étrangers à être formé dans ce centre d’entraînement sont sous le commandement de Lord Lovat qui dirige la 1re brigade de commandos.

S’ils sont connus pour avoir participé au débarquement du 6 juin 1944 en Normandie, les hommes du commando Kieffer ont également participé à d’autres opérations. Ils prennent part notamment à la tentative de débarquement à Dieppe (19 août 1942) où 15 hommes de la Troop 1 accompagnent les commandos britanniques et canadiens mais aussi les opérations Hardtack qui sont menées pour faire la reconnaissance des côtes françaises.

Le commando Kieffer le jour J

C’est cependant la débarquement en Normandie qui est l’opération de plus grande envergure auquel le commando participe. Les 177 hommes d’élite commandés par Philippe Kieffer (promu capitaine de corvette à la veille du Jour J) débarquent sur Sword Beach à 7h32.

Le commando Kieffer avant le jour J
Philippe Kieffer et ses hommes avant le jour J

En accord avec les britanniques, ce sont les premiers à débarquer afin qu’ils touchent le sol de leur patrie les premiers. Ils sont sous le feu des allemands dès qu’il posent les pieds sur le sol de France mais parviennent à s’emparer d’une pièce d’artillerie qui pilonnait les alliés puis peu après de l’ex-Casino de Riva-Bella.

Ils poursuivent leur avancée à l’intérieur des terre afin de faire la jonction avec les paras anglais (6e Division Aéroportée) à Pegasus Bridge (village de Bénouville) où ils arrivent à 16h30. Le commando Kieffer poursuit son avancée et rejoint Amfreville à la tombée du jour. Après ce premier jour de combat, le commando Kieffer à perdu 25 % de ses effectifs (dont 2 officiers et 8 soldats morts).

Philippe Kieffer reçoit la Croix militaire des mains du Général Montgomery
Tout juste rapatrié d’Angleterre où il s’est fait soigner, Philippe Kieffer reçoit la Croix militaire des mains du Général Montgomery le 16 juillet 1944 à Amfreville (Calvados)

Les hommes de Kieffer seront en première ligne pendant toute la bataille de Normandie puis furent rapatriés en Grande-Bretagne, à Bexhill-on-Sea, le 27 août afin de reconstituer ses effectifs puis d’être déployés sur un nouveau front.

Le 1er BFCM en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne

En Novembre 1944, le 1er BFCM est débarqué sur l’île de Walcheren aux Pays-Bas puis prennent possession de Flessingue (combat du 1er au 8 novembre) dans le but de libérer l’accès au port d’Anvers. Les combats sont là aussi très rudes et cinq soldats y perdent la vie.

L’année suivante, Kieffer et ses hommes participent aux opération Intemperate de janvier à mars 1945 ou il font de la reconnaissance nocturne en zone allemande.

Fin de carrière

A la fin de la guerre, Philippe Kieffer quitte l’armée avec le grade de capitaine de corvette puis s’installe à Cormeilles-en-Parisis (Val-d’Oise) et entre au service de l’OTAN. Atteint d’hémiplégie, il meurt en 1962 et est inhumé à Grandcamp-les-bains en Normandie.


Pour en savoir plus sur le commando Kieffer :

Philippe Kieffer : Chef des commandos de la France libre de Benjamin Massieu (2019)

Nous les hommes du commando Kieffer : récits du 6 juin 1944 de Stéphane Simonnet (2019)

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