Débarquement de Provence nom de code Dragoon : 15 août 1944

Churchill opposé au débarquement de Provence

Moins connu que le débarquement en Normandie du 6 juin 1944, le débarquement de Provence est tout aussi important pour la victoire finale des alliés contre l’Allemagne lors de la seconde guerre mondiale.

Pendant l’été 1944, les alliés rencontrent des difficultés en Normandie face aux renforts allemands et l’avancée n’est pas aussi rapide que prévue. Il devient évident que l’ouverture d’un second front en France est nécessaire pour soulager les troupes alliées progressant au nord ouest de la France.

Débarquement de Provence 1944

Churchill est opposé à cette opération en Provence. Il préfère en effet qu’on appuie sur le front italien pour enfoncer les Balkans et avancer en Europe centrale afin de prendre en tenaille l’armée allemande et arriver à Berlin avant les russes.

Pour lui forcer la main le général de Gaulle menace de retirer les divisions françaises du front italien (125 000 hommes), il obtient finalement gain de cause. L’opération Dragoon voit le jour et est placée sous le commandement du général Alexander Patch qui commande la VIIe armée américaine. On y voit aussi pour la première fois dans les opérations alliées une véritable armée française sous les ordres du général Jean de Lattre de Tassigny. 350 000 hommes sont mobilisés pour ce débarquement dont 260 000 français (25 000 venant de France métropolitaine et qui faisaient partie de la « France Libre », environ 10 000 venant d’Afrique noire et le reste des effectifs, un peu plus de 200 000 hommes, vient d’Afrique du Nord (50 % d’origine européenne (Pieds-Noirs, essentiellement d’Algérie) et 50 % sont des musulmans)

15 août 1944 : le débarquement de Provence commence

Profitant de la faiblesse du dispositif allemand dans le sud de la France (de nombreuses troupes ayant été envoyées en Normandie) le coup d’envoi de l’opération est lancé le 14 août 1944.

A 19h15 précise, sur les ondes de la BBC, les messages suivants sont transmis : « Nancy à le torticolis », « Gaby va se coucher dans l’herbe », « le chasseur est affamé ». Autant de messages indiquant à la résistance française que le débarquement est imminent.

Cartes du débarquement des forces alliés en Provence

A 00h15, les fusiliers marins du Groupe Naval d’Assaut de la marine en Corse (force Rosie), les commandos français du colonel Bouvet (force Roméo) et le 1st Special Service Force du colonel américain Edwin Walker (force Stika) sont débarqués. Ils se positionnent sur les flancs du futur débarquement pour couper l’arrivée d’éventuels renforts venant de l’Est. Ils parviennent à sécuriser le cap Nègre et à détruire les batteries côtières situées devant Hyères. Par ailleurs, 9000 parachutistes de la 1er division aéroportée anglo-américaine du général Frederick ont pour objectif de s’emparer du Muy et des hauteurs de Grimaud afin d’empêcher l’afflux de renforts ennemis depuis l’Ouest.

À partir de 8h du matin, le jour J, les alliés préparent le terrain et une grosse préparation d’artillerie déferle sur les côtes françaises tenues par la XIXe armée allemande. Après avoir déversé des milliers de tonnes d’obus sur les positions allemandes, une énorme armada se présente en mer : 2200 bateaux dont 850 navires de guerre.

Soldats français au combat lors du débarquement

Les soldats se sont vu assigner un objectif précis une fois qu’ils ont posé le pied à terre. La force Kodak qui effectue le débarquement est divisée en trois parties :

– la force Alpha qui débarque sur les plages de Cavalaire sur Mer comprend la 3e dibision d’infanterie du général O’Daniel et la 1er division blindée du général Le Touzet du Vigier.

– la force Delta qui débarque à Sainte-Maxime est composée de la 45e division d’infanterie américaine du major général Eagles

– la force Camel débarque à Fréjus-Saint-Raphaël et sur la plage d’Anthéor à Agay et comprend la 36e division d’infanterie américaine du général Dahlquist.

Au soir du premier jour près de 100 000 hommes ont déjà débarqués.

Les Allemands dépassés par le dispositif allié

Le débarquement de tous ces hommes permet de constituer un front de 25 kilomètres avec pour objectif final la jonction avec le 2e corps d’armée français dans la vallée du Rhône. Le lendemain, c’est la force Garbo qui débarque (VIIe armée du général américain Alexander Patch et la 1re armée française commandée par le général de Lattre de Tassigny).

En deux jours ce sont 115 000 hommes qui se déploient sur les côtes provençales.

L’assaut est si rapide et si bien coordonné que les allemands ont a peine le temps de réagir et les alliés ne comptent que quelques dizaines de victimes.

Timbre commémoratif pour les 25 ans du débarquement français en Provence.

Une fois le débarquement réalisé, les 3e et 45e divisions américaines ont pour objectifs de progresser le long de la vallée du Rhône et l’armée française de Libération à la charge de libérer les ports de Toulon et de Marseille.

À Toulon, ce sont toujours 18 000 soldats de la Wehrmacht qui tiennent la ville après avoir détruit le port. Ils résisteront aux Français jusqu’au 26 août avant de finalement se rendre. À Marseille, peu de temps après la nouvelle du débarquement, la population se soulève mais les 20 000 allemands qui contrôlent la ville combattent jusqu’au 28 août avant de se rendre.

Succès du débarquement de Provence : la France gagne sa place à la table des vainqueurs

En deux semaines, la Provence est libérée par l’armée française (au lieu des 40 jours prévus au départ) et la poussée le long de la vallée du Rhône est très rapide. De Lattre envoie le message suivant au général de Gaulle : « Aujourd’hui J+13, dans le secteur de mon armée, il ne reste plus un allemand autre que mort ou captif ».

Carte du front le 1er Septembre 1944. Les lignes allemandes sont enfoncées.

Les unités allemandes venues d’Italie en renfort se réfugient dans les forts et autres positions fortifiées qui constituaient la ligne Maginot alpine et n’en ressortent pas car les FFI contrôlent les alpes. Certains de ces points fortifiés résisterons plusieurs mois, ceux de Saint-Ours et de Roche-la-Croix ne seront repris aux allemands qu’en avril de l’année suivante.

Au total, les allemands ont perdu plus de 130 000 hommes lors de ce débarquement (105 000 prisonniers, 20 000 blessés et environ 7000 morts) tandis que les troupes alliées déplorent la perte d’environ 10 000 hommes (tués, blessés et prisonniers) et les résistants de la France libre plusieurs milliers de morts également.

Grâce à la participation de l’armée française à la libération de la France mais aussi grâce aux futures action victorieuses menées en Allemagne, la France sera admise au rang des nations victorieuse. Le général de Lattre ratifiera au nom de son pays la capitulation de l’Allemagne le 8 mai 1945 à Berlin.

Pour aller plus loin :

Le débarquement en Provence : 15 août 1944 écrit par Pierre Dufour (2012)

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