Le 6 juin 1944 débutait la bataille de Normandie (opération Overlord) et plus précisément le débarquement allié en Normandie, nom de code : opération Neptune.

Troupes américaines débarquant à Omaha beach

Le débarquement de juin 1944 n’est pas la première tentative alliée d’ouvrir un deuxième front dans le nord de la France. En effet, un débarquement avait une première fois été organisé à Dieppe (19 août 1942) où les troupes alliées, essentiellement canadiennes, ont subies un échec cuisant (perte de quasiment la moitié des 8000 hommes engagés et retour piteux en Angleterre). L’état major allié prend conscience à ce moment là que pour prendre d’assaut la forteresse Europe et le mur de l’Atlantique il faudra mettre sur pieds une opération de très grande ampleur mobilisant plusieurs dizaines de milliers de soldats.

Échec du débarquement de Dieppe le 19 août 1942

Les alliés ont pu également mettre à profit leur expérience positive cette fois. En effet, après la débâcle de Dieppe, plusieurs débarquements ont été organisés en Afrique Française (Opération Torch en Novembre 1942, qui à lieu en Algérie et au Maroc) et dans le sud de l’Europe, en Sicile tout d’abord (opération Husky en juillet 1943) puis dans le sud de l’Italie (opération Baytown en septembre de la même année).

Ces trois succès permirent au commandement allié de mettre au point la plus grande opération de débarquement de l’histoire.

La préparation du débarquement

En amont du débarquement, une gigantesque opération de désinformation (nom de code Fortitude) à été organisée afin de dissimuler aux Allemands le lieu réel du débarquement (leur faire croire qu’il aurait lieu dans le Pas de Calais). Mais même une fois le débarquement réalisé la désinformation continue. Le but est de faire croire aux allemands que ce n’est qu’une opération de diversion pour éviter que les troupes allemandes situées dans le nord de la France ne viennent renforcer celles déjà déployées en Normandie.

Char en caoutchouc de l’opération fortitude

Pour mettre ce stratagème au point, une armée américaine fictive a été créée et de nombreux chars factices en caoutchouc fabriqués. Une seconde armée fictive basée dans en Écosse à également été créée, celle ci visant à faire croire à un débarquement en Norvège.

Le jour J

Le débarquement initialement prévu le 5 juin fut décalé d’un jour pour cause de mauvaises conditions météorologiques. Elles sont tout aussi mauvaises le lendemain mais l’opération fut maintenue par peur de voir des informations fuiter.

Eisenhower qui encourage une dernière fois ses hommes quelques heures avant le jour J

Déroulement des opérations

Carte de l’opération Neptune

Les horaires donnés sont bien évidemment approximatifs, tout se déroulant extrêmement vite il est compliqué de donner le déroulement des opérations à la minute près.

– À minuit passé de cinq minutes l’opération commence par un bombardement massif (5000 tonnes de bombes) des batteries et bunkers allemands situés entre Le Havre et Cherbourg.

– A minuit dix, des éclaireurs (Pathfinders) sont parachutés. Ils ont pour mission de baliser les futures zones de saut mais également, en collaboration avec les résistants Français, de détruire les voies ferrées qui pourraient convoyer des renforts sur les plages. Les Allemands se rendent rapidement compte que des soldats ennemis viennent d’être parachutés.

– Minuit quinze des commandos britanniques atterrissent en planeur (environ un millier de planeurs débarquent hommes et matériel) et prennent le contrôle du Pegasus Bridge situé sur le canal de Caen.

– un peu avant 1h jusqu’à 2h30 environ, commence le largage du gros des troupes aéroportées. 82nd Airborne Division et 101st Airborne Division américaine et 6th Airborne Division britanique sont largués en Normandie un peu en retrait des côtes. 23 000 hommes prennent pied et sécurisent les voies d’accès aux plages du débarquement.

– à partir de 2h du matin les radars allemands détectent la flotte alliée (8000 navires) qui jette l’ancre à quelques kilomètres des plages d’Utah beach. À cette heure là, le maréchal Rommel, rentré en Allemagne pour l’anniversaire de sa femme, n’est pas au courant des évènements se déroulant en France. Il ne sera informé qu’à 10h le lendemain, même chose pour Hitler qui se couche à 2h30 sans avoir été mis au courant.

– 2h40 le maréchal Von Rundstedt (commandant des forces de l’ouest) indique par radio à la VII ème armée allemande qu’il ne croit pas à un débarquement de grande ampleur en Normandie.

– 3h les bombardements aériens des batteries côtières débute

Bombardiers pilonnant la pointe du hoc située entre Omaha et Utah

– 4h les premiers soldats américains montent sur les barges de débarquement

– 5h Hitler dort toujours, son entourage pensant à une diversion et attendant un gros débarquement à Calais ne juge pas utile de le réveiller.

– 5h35 les navires alliés commencent le bombardement des plages

– 5h58 le soleil se lève et le débarquement débute. Les assauts sont prévus sur plusieurs plages. Utah et Omaha Beach pour les américains, Juno Beach pour les Canadiens et Gold et Sword Beach pour les britanniques. Les Français du commando Kieffer (fusiliers marins) débarquent en même temps que les britanniques sur Sword Beach. En accord avec les anglais, les hommes de Kieffer sont les premiers à débarquer sous le feu ennemi. Ils touchent le sol de leur patrie les premiers.

– 6h30 début des assauts américains sur Omaha (34 000 hommes) et Utah (23 300 hommes).

Barge de soldat américains sur le point de débarquer à Omaha beach

– 6h45 le débarquement sur Omaha (plage dominée par des falaises lourdement défendues) tourne au cauchemar. La mer très agitée ne facilite rien et de nombreux soldats se noient à cause de leur équipement très lourd. Il y aura près de 2500 hommes tués ou blessés.

– 7h30 débarquement britannique à Gold (25 000 hommes) et Sword (28 500 hommes) (perte d’environ 1000 hommes).

– 7h45 les Canadiens débarquent 21 400 hommes à Juno. Ils en perdront 878. A peu près à la même heure, les américains terminent leur débarquement à Utah (200 hommes perdus) tandis qu’à Omaha les combats font toujours rage et le général Bradley envisage de suspendre les opérations dans ce secteur.

Aménagement des plages pour faciliter l’arrivée des troupes et du matériel

– 9h30 Eisenhower annonce le débarquement des « armées alliées sur la côte nord de la France ».

– 10h Hitler est enfin réveillé par son entourage.

– 10h45 les américains commencent enfin à prendre le dessus sur les allemands à Omaha.

– 11h30 les Français du commando Kieffer libèrent Ouistreham.

– 12h Churchill annonce le débarquement au parlement.- 15h les derniers soldats allemands quittent Omaha

– 18h Le général de Gaulle annonce à Londres « La bataille suprême est engagée ! »

En fin de journée, 156 115 hommes sont déployés en France dont 94 400 Anglais et Canadiens et 59 000 Américains. 132 715 soldats débarquent par bateau et 23 400 sont parachutés. Les alliés perdent 10 500 hommes et les Allemands 10 000 hommes.

La détresse des soldats ayant perdu des compagnons d’armes au champ d’honneur

Il ne faut pas non plus oublier les milliers de civils Français qui sont tombés sous les bombes américaines et britanniques lors de cette guerre. On dénombre en effet 60 000 morts et 75 000 blessés parmi les civils Français à cause des bombardements alliés en France sur la totalité de la seconde guerre mondiale.


Pour en savoir plus sur le débarquement et la seconde guerre mondiale

Musée du débarquement d’Utah beach en Normandie et le Mémorial de Caen

Infographie de la seconde guerre mondiale de Jean Lopez (2018). Excellent livre qui donne tous les chiffres sur le conflit.

39-45 le grand atlas de la seconde guerre mondiale d’Ivor Matanle (2015)

Les Français sous les bombes alliées 1940 – 1945 d’Andrew Knapp (2014)

– la mini série Band of Brothers (2001) qui est très bien faite. On regrettera tout de même dans le dernier épisode que les troupes américaines soient celles prenant le nid d’aigle d’Hitler alors que ce furent les hommes de la 2ème DB du général Leclerc qui furent les premiers sur place.

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