Série Histoire des sciences : Louis Pasteur

Jeunesse et études de Pasteur

Louis Pasteur nait le 27 décembre 1822 à Dole (Jura), son père Jean-Joseph, ancien sergent dans l’armée napoléonienne, exerce la profession de tanneur.

La famille quitte Dole cinq ans plus tard pour s’installer dans le village de Marnoz puis déménage de nouveau en 1830 dans la petite ville d’Arbois toujours dans le Jura. Très tôt, les professeurs du jeune Louis décèlent chez leur élève des capacités intellectuelles hors norme.

Pasteur poursuivra ses études secondaires au collège Royal de Besançon, il obtient en 1840 le baccalauréat en lettres puis celui en sciences mathématiques deux ans plus tard.

Louis Pasteur à l’École Normale en 1845. Dessin de Charles Lebayle Extrait du livre Une vie de Pasteur.

Il quitte ensuite la Franche-Comté pour Paris où il suit les cours du Lycée Saint-Louis et assiste aux cours du chimiste Jean-Baptiste Dumas à la Sorbonne. En 1843, Pasteur est admis en quatrième position à la prestigieuse École Normale où il pourra se consacrer pleinement à l’étude de la chimie, de la physique et plus particulièrement de la cristallographie. Il passe l’agrégation de chimie puis soutient en 1847 sa thèse de doctorat.

Ses travaux sur la cristallographie et la chiralité moléculaire en font l’un des fondateurs de la stéréochimie et lui vaudront la médaille Rumford en 1856 (prix décerné depuis 1800 pour récompenser des travaux exceptionnels dans le domaine des sciences).

Études sur la fermentation et les maladie des vers à soie

Son doctorat obtenu, Pasteur obtient un poste de professeur à Dijon, puis à l’université de Strasbourg (1848 à 1853) avant d’être nommé, en 1854, doyen et professeur de chimie à l’université de Lille nouvellement créée. C’est lors de son discours d’investiture qu’il prononce cette phrase bien connue : « Dans les champs de l’observation, le hasard ne favorise que les esprits préparés ».

À la demande de plusieurs brasseurs lillois, Pasteur étudie le processus de fermentation de la bière et il est le premier à prouver que les levures sont des micro-organismes qui sont responsable de la transformation des sucres en alcool.

Il fait également des études sur les bactéries responsables de l’acidité du vin. En 1857, il quitte Lille pour rejoindre l’École Normale supérieure de Paris où on lui propose le poste d’administrateur.

Pasteur y poursuivra ses travaux dans son laboratoire situé rue d’Ulm, il démontrera notamment que les micro-organismes responsables de la fermentation ont une origine donnée et ne naissent pas de manière spontanée.

Louis Pasteur travaillant sur le procédé de fermentation

Ses travaux tout d’abord controversés finissent par être acceptés après que le scientifique présente la totalité de ses résultats lors d’une conférence à la Sorbonne. Ses trouvailles sur la fermentation en ont fait un scientifique connu et reconnu ce qui lui permet d’être élu à l’Académie des sciences en 1862.

Pasteur étudie également les maladies des vins et mettra au point la pasteurisation pour laquelle il recevra le grand prix de l’Exposition Universelle en 1867.

À l’École Normale, majoritairement républicaine, Pasteur, qui est un proche et un fidèle soutien de l’Empereur Napoléon III, est de plus en plus décrié. Il démissionne de son poste d’administrateur en 1867.

À la demande de Napoléon III, Pasteur étudie les maladies des vers à soie dans un laboratoire près d’Alès. Ses résultats son mitigés, et s’il arrive à trouver le moyen de combattre certaines maladies du vers à soie, toutes ne sont pas vaincues et l’industrie française des vers périclite.

Pendant son séjour dans le sud de la France, il sera victime d’un AVC qui le rend hémiplégique et s’il s’en remet partiellement, il ne retrouvera jamais le contrôle de sa main gauche et conservera des difficultés à se déplacer.

En 1868, Pasteur est fait commandeur de la Légion d’honneur et l’université de Bonn (Allemagne) lui décerne le titre de docteur honoris causa en médecine.

Portrait de Louis Pasteur en 1878

La chute du second empire après la défaite de Sedan est un coup dure pour Pasteur, fervent patriote et attaché à la famille impériale. Grand admirateur de la Prusse et de ses scientifiques, Pasteur vouera désormais une haine féroce à l’Allemagne et aux allemands.

Malgré la maladie, il poursuit néanmoins ses travaux sur les maladies de la bière et publie son livre « Les Études sur la bière et les conseils aux brasseurs » en 1876. La même année, le chimiste se lance en politique et se présente aux élections sénatoriales, et malgré une implication sans faille, il ne sera pas élu.

Recherche sur les maladies infectieuses

En 1878, Pasteur devient grand officier de la légion d’honneur et est élu l’année suivante, à l’unanimité, à l’Académie vétérinaire de France.

Au début des années 1880, Pasteur et son équipe se penchent sur la fièvre charbonneuse, une maladie infectieuse aiguë qui décime les moutons dans le pays.

Gravure représentant pasteur inoculant son remède contre la fièvre charbonneuse à des moutons

Après sa découverte du staphylocoque en 1880, il s’intéresse de plus en plus aux maladies infectieuses, et, inspiré par ses travaux sur la fermentation, il imagine que des maladies ont pour origine des micro-organismes spécifiques.

Les principales infections touchants des animaux sont étudiées : le choléra des poules, le charbon des moutons et le rouget du porc. Pasteur découvre alors qu’en injectant une solution contenant le microbe affaibli du choléra aux poules, celles-ci n’attrapent pas la maladie et y deviennent même résistantes. Les mêmes expériences sont réalisées sur les moutons et un vaccin efficace contre le charbon est mis au point en 1881.

Louis Pasteur dans son laboratoire avec une moelle épinière de chien enragé qu’il fait sécher en présence de cristaux de potasse

En 1882, Pasteur est élu à l’Académie française, honneur rare pour homme ayant consacré sa vie à la recherche scientifique, puis reçoit en 1883 l’ordre du mérite agricole pour ses travaux sur les vins et la fermentation.

Louis Pasteur étudie ensuite la rage en se basant sur les travaux de Pierre Victor Galtier. Ce dernier avait réussi à développer un vaccin contre la rage pour les animaux de laboratoire avec des résultats encourageants.

Caricature de Pasteur le représentant en ange luttant contre un chien enragé à l’aide de son vaccin

Après de nombreuses expériences sur la salive et des moelles épinières infectées, Pasteur suppose que la maladie affecte le système nerveux. Il obtient finalement une forme affaiblie du virus mais ne l’inocule dans un premier temps qu’aux animaux qui guérissent avec succès.

Le 6 juillet 1885, un enfant alsacien mordu par un chien enragé se présente à son laboratoire et Pasteur prend le risque de lui injecter le vaccin ce qui sauvera l’enfant. Cet exploit extraordinaire entrainera la création de l’ Institut Pasteur et vaudra une renommée mondiale au scientifique. Pasteur en profitera également pour mettre en avant que ce fut un vaccin français qui permit de sauver la vie d’un jeune alsacien, la défaite de 1870 et la perte de l’Alsace-Lorraine au profit des allemands étant toujours une blessure vive dans son esprit.

Injection du premier vaccin anti-rabique

L’institut Pasteur, inauguré en 1888, sera dédié à la recherche contre la rage et par la suite à d’autres maladies.

Pasteur mourra le 28 septembre 1895 dans une annexe de l’Institut Pasteur et après des obsèques nationales le 5 octobre son corps sera déposé dans un des caveaux de Notre-Dame de Paris avant d’être transféré le 27 décembre 1896 dans une crypte de l’Institut Pasteur.

Père de la stéréochimie, découvreur des levures responsables de la fermentation (Saccharomyces pastorianus, levure utilisée pour les bière de fermentation basse sera nommé d’après lui) et inventeur de la vaccination contre la rage pour les humains, les découvertes de Louis Pasteur sont encore d’actualité près de 200 ans après sa naissance.

Pour en savoir plus sur Louis Pasteur :

– Louis Pasteur : un aventurier de la science, André Besson (2013)

– Louis Pasteur, Patrice Debré (2010)

– Discours de réception de Louis Pasteur à l’Académie française : http://www.academie-francaise.fr/discours-de-reception-de-louis-pasteur

– Documentaire : Pasteur et Koch – Un duel de géants dans le monde des microbes. Excellent documentaire sur la rivalité entre Louis Pasteur et Robert Koch deux géants de la lutte contre les maladies infectieuses. Diffusé initialement en 2018 sur Arte, il est disponible sur Youtube ici.

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