Série galerie des batailles (Château de Versailles) 14/33 : la prise de Calais (1558)

Prise de Calais par les Français en 1558
Prise de Calais par les Français en 1558. Peinture de François-Edouard Picot exposée dans la galerie des batailles du château de Versailles.

La France et l’Espagne s’affrontent pour le contrôle du royaume de Naples… dans les Flandres

Calais est aux mains des anglais depuis le début de la guerre de cent ans (1347), ça fait donc maintenant 210 ans que le royaume de France souffre de la présence anglaise sur la côte d’Opale. S’ils sont confinés dans la ville fortifiée et ses alentours, les anglais ont plusieurs fois essayé d’étendre leur domaine dans le nord de la France.

Ne se préoccupant que peu de cette place forte contrôlée par les anglais, les rois de France du début de la renaissance ont préféré focaliser leur attention sur la péninsule italique pendant près d’un siècle.

Opposée aux Habsbourg pour le contrôle de l’Italie, la France n’a jamais pu conserver les conquêtes faites lors de ses expéditions et les victoires Françaises sont restées sans lendemain.

En 1557, les intrigues du pape Paul IV mènent à la rupture de la trêve de Vaucelles, entre la France et l’Espagne, qui avait mis fin à la dixième guerre d’Italie.

Portrait du connétable de France
Portrait du connétable de France, Anne de Montmorency. Portrait réalisé par Léonard Limosin et conservé au musée du Louvre.

La France et l’Espagne s’opposent donc une nouvelle fois pour le contrôle du royaume de Naples. Cependant, cette fois, l’Espagne (qui contrôle les Pays-Bas espagnols) contre-attaque en Picardie et écrase les troupes Françaises menées par le connétable Anne de Montmorency lors de la bataille de Saint-Quentin (Aisne).

L’armée Française qui était en large désavantage numérique lors de la bataille (25 000 hommes dans les rangs français et 65 000 hommes chez les espagnols) est décimée (perte de plus de 15 000 hommes dont de brillants chefs de guerre) et la route de Paris est désormais ouverte à l’invasion espagnole.

Portrait de François Ier de Lorraine, duc de Guise
Portrait de François Ier de Lorraine, duc de Guise. Peinture réalisée par François Clouet et exposée au musée du Louvre.

C’est donc dans ces circonstances que François de Guise, qui s’apprêtait à se lancer à la tête de son armée à l’assaut de l’Italie, est rappelé en Picardie par le roi Henri II et promu lieutenant général de France (titre qui désigne une fonction temporaire et accorde à une personne haut placée l’équivalent de l’autorité royale).

Prise de Calais, la ville retourne définitivement dans le giron Français

Afin d’éviter une intervention anglaise qui viendrait sournoisement prendre à revers les troupes Françaises, Henri II décide dans le plus grand secret de lancer une attaque surprise malgré la rudesse de l’hiver.

Ce sont donc 30 000 hommes en garnison à Compiègne, Montreuil et Boulogne-sur-Mer qui se rassemblent sous le commandement du duc de Guise et prennent la direction de Calais. La surprise est totale pour la garnison anglaise qui ne s’attendait pas à voir débouler une armée de 30 000 soldats.

Le premier janvier, les faubourgs de la ville sont pris, puis dans les jours suivants ce sont les forts Risban et Nieulay qui tombent et permet à l’armée française d’y installer son artillerie. Le 7 janvier, au milieu de la nuit, complètement dépassé par l’assaut Français, le commandant de la ville, Lord Thomas Wentworth, se rend et remet les clefs de la ville aux Français.

Le gouverneur de la ville ainsi que les habitants anglais furent renvoyés en Angleterre suite à la victoire Française et la région de Calais fut renommée « Pays reconquis » pour célébrer le rétablissement de la souveraineté Française.

Reprise de Calais aux anglais
Reprise de Calais aux anglais

L’armée Française récupère plusieurs mois de vivres ainsi que 300 canons. Fort de cette victoire éclaire, François de Guise va au-devant des troupes espagnoles à qui il reprend Thionville et Arlon puis se dirige vers le Luxembourg au moment où sont signés les traités du Cateau-Cambrésis (Avril 1559) qui acte la fin des guerres d’Italie et la réintégration définitive de Calais au territoire national.

Partout en France c’est la liesse et des fêtes sont organisées pour célébrer la fin de la guerre et la prise de Calais. Le roi Henri II ne profitera malheureusement que peu de cette allégresse puisqu’il mourra quelques mois plus tard.

Mortellement blessé à l’œil par un éclat de lance lors d’un tournoi organisé rue Saint-Antoine à Paris, il trépasse le 10 juillet 1559.

Son fils François II lui succèdera mais ne règnera qu’un an avant de succomber à son tour (d’une infection ou d’une méningite) à seulement 16 ans et c’est son frère qui occupera par la suite le trône sous le nom de Charles IX.


Pour en savoir plus :

Collection Belin Histoire : 1453 – 1559 les Renaissances (2014)

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